

l’oeuvre : UN AVENIR
Paul reçoit une lettre de son frère Odd qui lui annonce qu'il "disparaît pour un temps indéterminé" et lui demande en post-scriptum s'il peut passer chez lui pour vérifier que le robinet d’un lavabo du deuxième étage de la maison familiale a bien été purgé. Malgré un "rhume colossal", Paul prend sa voiture et parcourt les trois cents kilomètres qui le séparent dudit robinet.
Un avenir est une histoire de famille, une cascade narrative, un engrenage existentiel qui, sur une intrigue faussement fluette, nous entraîne d'un triplex monégasque (où l'art animalier fait bon ménage avec le cours de l'acier) à la jungle malaise sans quitter le vieux canapé de la bibliothèque familiale, ou presque. Mais c'est aussi un road-trip en tracteur, une balade aux abords inquiets de l'enfance, une épique séance de natation, un caprice écossais, une vue en coupe de la neurasthénie masculine, entre autres.
Véronique Bizot déploie un style irrésistible, miracles de phrases en fugue jamais alourdies par leur insondable richesse. Son univers est singulier, unique, joyeusement déroutant : la noirceur y est délicieuse parce que toujours saturée d’incongruité drolatique, de lucidité étonnée, de souriant désarroi et de méta-physique légèrement récalcitrante.
l'auteur : Véronique Bizot
Véronique Bizot confirme, après Mon couronnement (Actes Sud, 2010), déjà très réussi, tout son talent d'entomologiste ironique, toute l'alacrité de sa manière. Bien sûr, la mélancolie hyper réaliste et l'humour chers à un Christian Oster ou un Eric Laurrent ne sont pas loin. Il y a toutefois chez Véronique Bizot une gaieté ou à défaut une tendresse, un regard biaisé, qui ne sont qu'à elle et dont les motifs (quatrième livres en six ans) dessinent une oeuvre de plus en plus joliment intriguante.
(Livres Hebdo, O. M., vendredi 27 mai 2011)

l’oeuvre : L’ENTREVUE DE SAINT-CLOUD
L'Entrevue de Saint-Cloud met en scène l'entretien secret au cours duquel le comte s'efforça de convaincre la reine qu'il était l'ultime chance de la monarchie. Un bref et fascinant roman qui donne une dimension politique à Marie-Antoinette et illustre la fragilité des destinées.
Extrait :
« Nous ne serons jamais assez malheureux, je pense, pour être réduits à la pénible extrémité de recourir à Mirabeau », avait répondu Marie-Antoinette au comte de La Marck, lorsque celui-ci avait fait savoir aux souverains que le terrible tribun était prêt à servir la cause royale. Mirabeau, ce renégat, ce noble élu du tiers état qu’elle avait longtemps cru responsable des « grandes égorgées » d’octobre 1789. Le souvenir de ces effroyables journées lui noue l’estomac, à lui donner un haut-le-coeur.
Pourtant, dans quelques heures, elle sera face à Mirabeau.
l'auteur : Harold Cobert
Harold Cobert est né à Bordeaux en 1974.
À la suite de sa thèse, Mirabeau, polygraphe : du pornographe à l’orateur politique, il a publié un essai consacré à Mirabeau, le fantôme du Panthéon et un premier roman, Le Reniement de Patrick Treboc (2007). Un hiver avec Baudelaire, paru chez Eho en 2009, a rencontré un vif succès.
Harold Cobert écrit également pour le théâtre, le cinéma et la télévision.
« Il était tard lorsque se sont achevées les délibérations, les membres du jury avaient peut-être trop bu…
Attribuer le Prix du Style à un auteur dont l’obsession est de faire oublier son écriture, le travail et les effets, voilà qui ne manque pas d’audace ni de… style ! Cette distinction sanctionne donc l’échec de mon entreprise. Un échec qui me réjouit au plus haut point et dans lequel je compte bien persévérer !
Mais ce qui me réjouit le plus, c’est que, grâce à ce prix, Mirabeau, premier homme entré au Panthéon et l’un des rares à en avoir été expulsé, fait un retour mérité sous les ors de cette République dont il a été l’un des principaux artisans.
Et puis Mirabeau, autant l’homme que l’écrivain, l’orateur que le pamphlétaire politique, l’amoureux passionné que l’auteur de livres pornographiques intelligents, ne manquait pas de style… »
Harold Cobert

l’oeuvre : Vengeance du traducteur
Un traducteur facétieux et sans doute malfaisant supprime le texte qu'il traduit et multiplie les notes en bas de page, les fameuses (N.d.T.), d'habitude rarissimes, ici abondantes et prolixes, qui racontent par le menu le dégoût qu'il a du roman qu'il traduit, le mépris dans lequel il tient son auteur, et surtout les outrages qu'il fait subir au texte : suppression des adjectifs, des adverbes, de paragraphes puis de pages entières, au profit de ses propres remarques, rêves, réflexions, ajouts, etc. Les notes en bas de page occupent ainsi le premier tiers de Vengeance du traducteur. Et c'est la première « vengeance » du traducteur, son premier crime de lèse-majesté. Mais les personnages du roman américain ainsi curieusement traduit s'insinuent peu à peu dans le texte que nous lisons : Abel Prote, un écrivain français connu, vieillissant et acariâtre, auteur d'un roman intitulé (N.d.T.), que traduit en anglais David Grey, un jeune New-Yorkais qui adore se déguiser en Zorro, « le vengeur masqué ». (N.d.T.) est un roman dans le roman, mais suprêmement drôle, et s'il est plein de références et de clins d'œil ceux-ci ne snobent jamais le lecteur. On les voit ? Le plaisir de la lecture est décuplé. On ne les saisit pas ? Il reste intact. Le romanesque a ici la part belle : rebondissements, coups fourrés, révélations, trahisons, deus ex machina, passages secrets, scènes sexuelles, pièges littéraires ou « réels », machinations, déguisements érotiques ou comiques, apparitions, rêves délirants, fantasmes. Brice Matthieussent a voulu utiliser tous ces artifices et ces feux d'artifices propres au roman pour essayer de comprendre ce qui lie un traducteur à son auteur (la traduction au texte original) et, plus généralement, un fils à son père, la dimension autobiographique étant bien sûr omniprésente dans cette « vengeance » envisagée comme un nouveau genre romanesque.
l'auteur : Brice Mathieussent
Né le 12 janvier 1950 à Paris, Brice Matthieussent vit et travaille à Paris et Marseille. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris en 1973, ayant obtenu une Licence et une Maîtrise de Philosophie en 1974 et un Doctorat d’Esthétique en 1976, il est traducteur de fictions de langue anglaise depuis 1975.
Il a traduit environ deux cents romans, recueils de nouvelles ou de poèmes de Robert McLiam Wilson, Jack Kerouac, Jim Harrison, Thomas McGuane, Denis Johnson, Henry Miller, Paul Bowles, John Fante, Hanif Kureichi, Christopher Isherwood, Bret Easton Ellis, Thomas Pynchon, Robert Coover, Eric McCormack, Joseph Heller, Charles Bukowski, Annie Dillard, Gore Vidal, Richard Ford, Larry Kramer, D.M. Thomas, Barry Gifford, Philip Caputo, Gary Snyder, Rudolph Wurlitzer, Jonathan Ames, Thoreau, et bien d’autres.
Il dirige également la collection « Fictives » aux Éditions Christian Bourgois, à Paris, où il a publié une soixantaine de titres, depuis 1990. En 1983, il reçoit le Prix Maurice-Edgar Coindreau pour son travail de traducteur, et en 2000 le Prix UNESCO-Françoise Gallimard pour la traduction de Eureka Street de Robert McLiam Wilson.
Brice Matthieussent enseigne l’histoire de l’art contemporain et l’esthétique à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille depuis 1990. Il enseigne également à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles et participe par ailleurs au Mastère de Traduction Littéraire de Paris 7 (Institut Charles V).

l’oeuvre : contes carnivores
Un botaniste amoureux de sa plante carnivore ; Un curé argentin qui a la faculté de se dédoubler dans différents corps : Onze écrivains morts que vous n'avez jamais lus : Une femme-orange qui se laisse littéralement boire par ses amants ; Une société d'esthètes fascinés par les marées noires : Des Indiens d'Amazonie qu'aucun linguiste ne comprend ; Et l'extraordinaire Pierre Gould qui resurgit sans cesse en héros transformiste... Quatorze nouvelles fantastiques à l'Imagination débridée et au style ciselé. dans la grande tradition des labyrinthes borgésiens et du Passe-Muraille de Marcel Aymé. Le lecteur attentif croisera aussi l'ombre de Thomas de Quincey et d'Enrique Vila-Matas, qui s'invite en personne dans la préface.
l'auteur : bernard quiriny
Né en Belgique en 1978, Bernard Quiriny vit aujourd'hui en Bourgogne. Il s'est fait connaître par ses papiers à Chronic'Art (et occasionnellement à Epok) dans le domaine de la littérature et dans celui du jazz. L'angoisse de la première phrase est son premier ouvrage publié, suivi du recueil de nouvelles Contes carnivores. La virtuosité avec laquelle il compose ses nouvelles, teintées de fantastique, fait de lui un héritier digne d'Edgar Allan Poe et de Borges.

l’oeuvre : La fondation popa
Lorsquej'étais petit garçon, ma mère me disait souvent qu'un homme devenait heureux à partir du moment où il perdait conscience de ce qu'il était. En ce sens, Metzler Popa peut donc aujourd' hui se considérer comme un homme parfaitement heureux puisqu'il ne se souvient strictement plus de rien ...' Qui est vraiment Metzler Popa ? Le plus grand artiste de son siècle, un faussaire sans foi ni loi ou, plus simplement, un amnésique pardu dans son passé ?
l'auteur : Louis-Stéphane Ulysse
Louis-Stéphane Ulysse vit à Paris. Révélé par Florent Massot avec Soleil sale (1996), il a fait parti des premiers auteurs de la « nouvelle génération » de Marion Mazauric, aux éditions J’ai lu, avec Toutes les nouvelles de mon quartier intéressent le monde entier et La Mission des flammes. Il est également l’auteur de Pourquoi les femmes n’aiment pas les petits garçons (2003), et De L’autre côté de la baie, (Calmann-Lévy, 2003). La Fondation Popa est son septième roman.

l’oeuvre : Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud
En 1943, Antonin Artaud, atteint du scorbut et complètement dément, est pris en charge à l’asile de Rodez par Gaston Ferdière, un psychiatre passionné de littérature, qui va tout faire pour le soigner, notamment des électrochocs. La postérité a gardé de lui l’image d’un médecin obtus et incompréhensif, prêt à tout pour « soumettre le génie à ses catégories cliniques ». Emmanuel Venet s’érige contre ce contresens et, refusant l’opposition stéréotypée du « génie incompris » et du « crétin scientiste », rétablit la vérité sur ce personnage fascinant dans un petit texte admirablement écrit, à cheval entre essai polémique et récit biographique.
l'auteur Emmanuel Venet
La biographie d'Emmanuel Venet présente deux faces : d'une part un cursus médical linéaire
(psychiatre à l'hôpital du Vinatier depuis 1989), d'autre part un travail littéraire en zigzags,
discret.
Parmi ses écrits professionnels, "La Légende de saint Jean l'Hospitalier" paru dans "Trente
ans de psychiatrie lyonnaise" (Césura-Lyon, 1991).
Sur le plan littéraire, un récit, "Portrait de fleuve", en 2005 un recueil de textes courts : "Précis
de médecine imaginaire", ainsi que "Ferdière, psychiatre d'Antonin Artaud", en 2006.
Trois participations à des ouvrages collectifs :
"Le Testament de la folle", nouvelle, in "Paroles de terre en larmes", Hatier, 1988 ; "Darwin
parmi nous" in "Les Mots du refus", édité par un collectif d'éditeurs de la région Rhône-
Alpes, 1988 ; "Monsieur Dièse", nouvelle, in "Le Nouveau Recueil", été 1999, n° 51.

l’oeuvre : La théorie des nuages
Akira Kumo est un couturier japonais. Il collectionne les livres consacrés aux nuages. Pour classer sa bibliothèque, il engage Virginie Latour, une jeune femme, à qui il raconte des histoires de chasseurs de nuages. Celle de Luke Howard qui inventa leurs noms, celle de Richard Abercrombie qui fit le tour du monde pour voir s'ils étaient partout identiques ; la sienne, tragique, dont il se souvient petit à petit. Un premier roman qui traite de l'oubli comme moyen de survie
l'auteur Stéphane Audeguy
Enseignant l'histoire du cinéma et des des arts, c'est en 2005 que Stéphane Audeguy se lance dans l'écriture avec un premier ouvrage, 'La Théorie des nuages', histoire poétique d'un passionné de cumulonimbus et autres flocons blancs qui parsèment le ciel. Le succès est au rendez-vous en librairie, assez pour encourager ce nouvel auteur à publier l'année suivante un deuxième roman, 'Fils unique', consacré à Jean-Jacques Rousseau, pour lequel il remporte le prix des Deux Magots en 2007.