
Lauréat
2009
pour
Vengeance
du traducteur
éditions POL
L'oeuvre : Brice Mathieussent
Né le 12 janvier 1950 à Paris, Brice Matthieussent vit et travaille à Paris et Marseille. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris en 1973, ayant obtenu une Licence et une Maîtrise de Philosophie en 1974 et un Doctorat d’Esthétique en 1976, il est traducteur de fictions de langue anglaise depuis 1975.
Il a traduit environ deux cents romans, recueils de nouvelles ou de poèmes de Robert McLiam Wilson, Jack Kerouac, Jim Harrison, Thomas McGuane, Denis Johnson, Henry Miller, Paul Bowles, John Fante, Hanif Kureichi, Christopher Isherwood, Bret Easton Ellis, Thomas Pynchon, Robert Coover, Eric McCormack, Joseph Heller, Charles Bukowski, Annie Dillard, Gore Vidal, Richard Ford, Larry Kramer, D.M. Thomas, Barry Gifford, Philip Caputo, Gary Snyder, Rudolph Wurlitzer, Jonathan Ames, Thoreau, et bien d’autres.
Il dirige également la collection « Fictives » aux Éditions Christian Bourgois, à Paris, où il a publié une soixantaine de titres, depuis 1990. En 1983, il reçoit le Prix Maurice-Edgar Coindreau pour son travail de traducteur, et en 2000 le Prix UNESCO-Françoise Gallimard pour la traduction de Eureka Street de Robert McLiam Wilson.
Brice Matthieussent enseigne l’histoire de l’art contemporain et l’esthétique à l’École Supérieure des Beaux-Arts de Marseille depuis 1990. Il enseigne également à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles et participe par ailleurs au Mastère de Traduction Littéraire de Paris 7 (Institut Charles V).
L'auteur : Vengeance du traducteur
Un traducteur facétieux et sans doute malfaisant supprime le texte qu'il traduit et multiplie les notes en bas de page, les fameuses (N.d.T.), d'habitude rarissimes, ici abondantes et prolixes, qui racontent par le menu le dégoût qu'il a du roman qu'il traduit, le mépris dans lequel il tient son auteur, et surtout les outrages qu'il fait subir au texte : suppression des adjectifs, des adverbes, de paragraphes puis de pages entières, au profit de ses propres remarques, rêves, réflexions, ajouts, etc. Les notes en bas de page occupent ainsi le premier tiers de Vengeance du traducteur. Et c'est la première « vengeance » du traducteur, son premier crime de lèse-majesté. Mais les personnages du roman américain ainsi curieusement traduit s'insinuent peu à peu dans le texte que nous lisons : Abel Prote, un écrivain français connu, vieillissant et acariâtre, auteur d'un roman intitulé (N.d.T.), que traduit en anglais David Grey, un jeune New-Yorkais qui adore se déguiser en Zorro, « le vengeur masqué ». (N.d.T.) est un roman dans le roman, mais suprêmement drôle, et s'il est plein de références et de clins d'œil ceux-ci ne snobent jamais le lecteur. On les voit ? Le plaisir de la lecture est décuplé. On ne les saisit pas ? Il reste intact. Le romanesque a ici la part belle : rebondissements, coups fourrés, révélations, trahisons, deus ex machina, passages secrets, scènes sexuelles, pièges littéraires ou « réels », machinations, déguisements érotiques ou comiques, apparitions, rêves délirants, fantasmes. Brice Matthieussent a voulu utiliser tous ces artifices et ces feux d'artifices propres au roman pour essayer de comprendre ce qui lie un traducteur à son auteur (la traduction au texte original) et, plus généralement, un fils à son père, la dimension autobiographique étant bien sûr omniprésente dans cette « vengeance » envisagée comme un nouveau genre romanesque.
sélection 2009
Deuxième sélection d'Octobre 2009
Cadence, Stéphane Velut, éditions Christian Bourgois
Le Ciel de Bay city, Catherine Mavrikakis, Sabine Wespieser
Le Club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guénassia, éditions Albin Michel (Talent à Découvrir Cultura )
Match aller, Julien Capron, éditions Flammarion (Talent à Découvrir Cultura )
Presque rouge, Sébastien Amiel, éditions de l’Olivier
Terre des affranchis, Liliana Lazar, éditions Gaïa (Talent à Découvrir Cultura )
Vengeance du traducteur, Brice Matthieussent, éditions POL
Première sélection de Septembre 2009
Les Âmes fardées, Aurore Guitry, éditions Calmann Levy
Cadence, Stéphane Velut, éditions Christian Bourgois
Le Cannibale et les termites, Stéphane Dovert, éditions Métailié (Talent à Découvrir Cultura)
Le Ciel de Bay city, Catherine Mavrikakis, Sabine Wespieser
Le Club des incorrigibles optimistes, Jean-Michel Guénassia, éditions Albin Michel (Talent à Découvrir Cultura)
Fragments d’une femme perdue, Patrick Poivre d’Arvor, éditions Grasset
Match aller, Julien Capron, éditions Flammarion (Talent à Découvrir Cultura)
Les Matins courts, Marie de Prémonville, éditions Anne Carrière
Le Nil est froid, Guillaume de Sardes, éditions Hermann
On ne boit pas les rats-kangourous, Estelle Nollet, éditions Albin Michel (Talent à Découvrir Cultura)
Où traîne encore le cri des loups, Marc-Henri Picard, éditions de l’œuvre
La Perrita, Isabelle Condou, éditions Plon (Talent à Découvrir Cultura)
Presque rouge, Sébastien Amiel, éditions de l’Olivier
Le Silence des abeilles, Daniel de Roulet, éditions Buchet-Chastel
Terre des affranchis, Liliana Lazar, éditions Gaïa (Talent à Découvrir Cultura)
Vengeance du traducteur, Brice Matthieussent, éditions POL